Le monde où se situent les enquêtes de Sherlock Holmes n’est plus le nôtre et, quand bien même la trame de l’intrigue nous tient toujours en haleine, bien des points – qui ne sont pas toujours de détail – nous échappent.
Des contemporains, bien réels, mentionnés dans l’œuvre, nous sont absolument inconnus ; qui en effet connaît, en dehors de quelques spécialistes, la violoniste Wilhelmina Norman-Neruda (A study in scarlett) ? Qui voit quel instrument Sherlock Holmes désigne lorsqu’il dit au Dr Watson de prendre le gazogène ? Qui, à moins d’être un vieux Londonien, s’y retrouvera entre les rues réelles et les adresses imaginaires inventées par Arthur C. Doyle ? Quel est ce Henry Beecher dont le Dr Watson a placé un portrait au-dessus de ses livres ?
Dans un autre domaine, certains points sont volontairement laissés dans l’ombre par l’auteur parce que ses contemporains n’avaient guère besoin de se voir expliquer ce qu’ils savaient par leur vie quotidienne. Lorsque Holmes s’empare d’un fort stick de chasse, tout Anglais de l’époque victorienne voit exactement quel objet il tient à la main. Et de nos jours, qui sait à quoi correspond cette « balle de jezail » qui a failli coûter la vie au Dr Watson ?
Une abondante iconographie, essentiellement réalisée à partir de documents d’époque, complète les notices et, grâce à l’index, il sera facile de retrouver tel ou tel personnage ou objet que l’on est certain d’avoir rencontré dans la geste holmésienne… mais dans quel récit ?
Plus qu'un dictionnaire, un monument à la gloire de Holmes.