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Corvetto (Louis-Emmanuel)

1Né à Gênes (Italie) le 12 juillet 1756
Décédé à Gênes le 21 mai 1821
Fils de Luigi CORVETTO et de Maddalena TURPIA.
Ministre des Finances du 26 septembre 1815 au 7 décembre 1818

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2© Gravure de FREMY, d’après le portrait peint par QUAGLIA. BN, Cabinet des Estampes.

I. LA FAMILLE

3Les obstacles qui rendent très difficiles les recherches généalogiques en Italie ont empêché de compléter les renseignements donnés par les diverses notices biographiques imprimées. Originaires de Nervi, à dix kilomètres à l’est de Gênes, les CORVETTO, devenus une notable famille plébéienne à Gênes, invoquaient leur appartenance, depuis le xive siècle, avec les ADORNI et les FREGOSI, à ce que l’on y appelait le « parti français ».

4Le ministre eut pour parents [père] Luigi CORVETTO, professeur d’architecture civile à Gênes, et [mère] Maddalena TURPIA, d’une famille de négociants qui essaimèrent à Amsterdam. Le ménage eut de nombreux enfants, dont l’identité et le sort n’ont pu être précisés. Le futur ministre de Louis XVIII était l’aîné. Il épousa à Gênes en 1788 Anna SCHIAFFINO, d’une notable famille de négociants génois. Des enfants nés de cette union, seules deux filles survécurent et furent mariées :

5A. [fille] Marie-Madeleine CORVETTO († 1856), mariée à son cousin Joseph-François SCHIAFFINO, né à Gênes le 19 novembre 1776, fils du notaire Nicolas-Joseph SCHIAFFINO et de Marie-Jeanne APERETO, décédé le 26 septembre 1836, juge au Conseil des prises (1808-1814), maître des requêtes au Conseil d’État (1815), créé baron par Louis XVIII (1817), consul de France à Gênes après 1818. De ce mariage naquit une fille unique, Anna SCHIAFFINO, mariée à Stefano GIUSTINIANI, d’où postérité.

6B. [fille] Anne-Marie CORVETTO, mariée le 6 avril 1809 (psse de la Madeleine à Paris) à Nicolas-Jean-Thomas LITTARDI, né à Port-Maurice près de Gênes, fils de Gian-Battista LITTARDI et de Teresa FRANCHETTI. En 1818, Louis XVIII lui accorda la recette générale des Finances du Var. Il avait au moins deux frères (Louis-Joseph-Thomas LITTARDI, né à Port-Maurice le 9 septembre 1785, capitaine au 7e Dragons, chevalier de la Légion d’Honneur le 28 novembre 1831, et Maurice-Raphaël-Pierre-Antoine LITTARDI, né à Port-Maurice le 15 août 1790, sous-lieutenant au 23e Dragons, chevalier de la Légion d’Honneur le 27 décembre 1814, décédé le 24 juin 1817). Ces trois frères LITTARDI étaient très probablement les neveux de Nicolas-Thomas LITTARDI, né à Port-Maurice le 23 juillet 1748, qui fut le collègue de CORVETTO dans le Directoire exécutif de la République Ligurienne, puis sénateur de cette République, chevalier de la Légion d’Honneur le 15 Messidor an XIII, représentant du département de Montenotte au Corps Législatif impérial de 1806 à 1809, fait chevalier de l’Empire le 3 janvier 1813.

II. LE PERSONNAGE.

Les études.

7Entré à onze ans chez les Frères des écoles chrétiennes à Gênes, il fit de bonnes études classiques, manifestant un goût marqué pour la littérature. Puis il fit son droit, ayant pour maîtres des professeurs réputés, BIALE et MAZZOLA. Il se spécialisa dans l’étude du droit commercial et du droit maritime. Il s’exprimait dans un français qui était supérieur à celui de la plupart de ses interlocuteurs français.

La religion.

8Catholique de conviction, comme le prouve son testament.

Le portrait.

9Le département des estampes de la B.N.F. N 2, conserve une gravure de FREMY, d’après une peinture de QUAGLIA. Tous les témoignages soulignent l’extrême douceur et la timidité du caractère de CORVETTO, que ses détracteurs qualifièrent de poltronnerie. Unanimes, même ses adversaires politiques, les contemporains ont reconnu sa parfaite intégrité, sa scrupuleuse honnêteté. Toujours valétudinaire, et affligé d’une hémiplégie à la fin de sa vie. Membre fondateur de la Société pour l’amélioration des prisons.

Les domiciles et résidences.

10Il habita à Paris rue Cassette (1806), 74 Grande rue de Chaillot [de nos jours rue de Chaillot et rue Quentin Bauchart] (1807), 14 rue de la Madeleine [de nos jours portion de la rue Boissy d’Anglas, entre la rue du Faubourg Saint-Honoré et la rue de Surène] (1809-1811), 10 rue Saint-Marc (1812), le ministère des Finances rue Neuve des Petits-Champs (1815-1818), enfin le Pavillon de La Muette où Louis XVIII lui offrit l’hospitalité (1818-1819).

Les distinctions honorifiques.

11Légion d’Honneur : officier (4 juillet 1805), commandeur (30 juin 1811), grand-officier (24 avril 1817), grand-croix (10 décembre 1818). Chevalier de la Couronne de Fer (royaume d’Italie).

12Chevalier de l’Empire par L.P. du 28 mai 1808 (armes : « Échiqueté d’or et d’azur, et une fasce brochant de gueules chargée d’une croix de la Légion d’Honneur d’argent »).

13Comte de l’Empire par L. P. du 14 février 1810 (armes : « Échiqueté d’or et de gueules, au franc quartier échiqueté d’azur et d’or, à la filière d’hermine »).

Le testament.

14Invocation de la Sainte Trinité, enterrement sans pompes dans la paroisse du décès. Institue sa femme héritière universelle : « Je sais que cela n’est pas conforme à la loi civile, mais comme il y a une autre loi écrite dans le cœur de mes enfants, parmi lesquels je compte mes gendres, je suis sûr que mon désir sera satisfait et que je ne fais que prévenir leurs intentions […]. Au moment de me séparer de la chère compagne de toutes mes vicissitudes, de ce second ange tutélaire que Dieu, dans sa clémence, m’a accordé sur la terre ; de mes très chères filles, de mes chers gendres, qui ont formé constamment mon bonheur et ma consolation ; des précieux gages qui leur restent de leur amour, je me prosterne le front par terre, devant le trône de la Divine Miséricorde, et je La supplie de confirmer la bénédiction...