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Écologie du silure glane

Généralités sur l’habitat

Le silure glane vit dans les eaux calmes (espèce limnophile), profondes et souvent turbides (zones à barbeaux et surtout à brèmes) des grands cours d’eau de plaine, les bras morts et dans les grands lacs, où il recherche les abris sous berge (racines, éboulis, souches) : c’est une espèce benthique. On le trouve également dans les lagunes et lacs estuariens où l’eau est légèrement salée, comme en bordure de la mer Baltique (Philippart, 1999a et 1999b). Le silure glane supporte en effet l’eau saumâtre jusqu’à 10-12 g NaCl/l, mais il n’est pas certain qu’il puisse accomplir la totalité de son cycle biologique dans un tel milieu. La présence du silure glane dans des eaux oligohalines est plutôt due à des contraintes qui font que l’animal utilise ces milieux comme zone de refuge (sécheresse). L’espèce peut être considérée comme rustique. Elle supporte en effet une large gamme de températures (elle vit sous la glace et dans des eaux jusqu’à 30 °C ; c’est une espèce eurytherme) et des teneurs faibles en oxygène dissous (2 mg/l à 20 °C). Le silure n’est réellement actif que lorsque la température et la teneur en oxygène de l’eau dépassent respectivement 10 °C et 5 mg O2/l. À partir de

15 °C, la prise de nourriture augmente sensiblement et la croissance devient notable. Le silure glane peut être qualifié de thermophile puisque la température optimale pour sa croissance est de 25-27 °C (Hilge, 1985). Si l’on se fonde sur les exigences thermiques de la femelle pour la maturation en élevage, il est nécessaire que la température de l’eau dépasse 20° C pendant 2 à 3 mois pour que sa reproduction réussisse (figure 12).

Alimentation en milieu naturel

Le type de proies consommées évolue avec l’âge des individus. Les juvéniles se nourrissent initialement de zooplancton, de micro-crustacés, puis de larves d’insectes (chironomes…) prélevées sur le fond (tableau 3), avant de devenir ichtyophages lorsque leur taille atteint environ 12 cm (Orlova et Popova, 1987). Dans leur ouvrage consacré à la pisciculture, Horvath et al. (1984) présentent le silure glane comme « l’omnivore des poissons carnivores d’élevage ».

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Figure 12. Isothermes de juillet...

  •  Partie II - Techniques et systèmes d’élevage du silure glane
  •  Bases biologiques et écophysiologiques de l’élevage du silure glane
  •  Techniques de pisciculture du si lure glane
  •  Systèmes d’élevage et de grossissement
  •  Maladies à redouter en pisciculture
  •  Des marges de progrès importantes
  •  Partie III - Poissons-chats en Europe et pisciculture du silure glane en France
  •  Captures de poissons-chats en France et en Europe
  •  Pisciculture des poissons-chats en France et en Europe
  •  Grandes tendances de la production de poissons-chats
  •  Partie IV - Valorisation du silure glane : atouts et faiblesses
  •  Atouts du silure glane, poisson de consommation
  •  Les difficultés d’émergence d’une filière
  •  Perspectives
  •  Conclusion générale
  •  Annexes
  •  Références bibliographiques