Loading-img
 
e9782759206346_i0011.jpg

Fiches monographiques

Aichryson

(Webb & Berthelot)

Famille – Crassulacées
Sous-famille – Sempervivoïdées
Origine – Îles Canaries, île de
Madère, les Açores et le Maroc.


Habitat – Le genre Aichryson est largement répandu dans les régions montagneuses des îles, où on le rencontre jusqu’à plus de 1 000 mètres d’altitude. Il est adapté aux zones sèches mais s’installe plutôt à mi-ombre, préférant les situations moins exposées au soleil direct. Il vit en petites populations, à proximité des bois, ou sur les falaises, et s’incruste dans les anfractuosités des

e9782759206346_i0012.jpg

Aichryson laxum (Haworth), © F. Bugaret.

rochers volcaniques. Il redoute les supports trop humides, mais profite dans son habitat, des brouillards locaux qui lui apportent le minimum nécessaire.

Description

Les Aichryson sont des petites crassulacées succulentes qui peuvent former, avec l’âge des buissons très ramifiés de 40 centimètres de hauteur. Leur nom générique fait allusion à la couleur jaune des fleurs, il est tiré du latin chryson qui veut dire jaune d’or. Leurs tiges souples, s’installent en touchant le sol, elles se divisent par dichotomie et produisent de nombreuses racines aériennes qui absorbent l’humidité de l’air, aidant la plante à supporter les périodes de sécheresse. Le genre regroupe 14 espèces au cycle de vie assez court, qui meurent après avoir fleuri. Leur feuillage charnu est surtout développé aux extrémités des tiges. Les feuilles arrondies, ovales ou spatulées sont pubescentes et souvent visqueuses. Cet aspect collant leur procure une protection contre le soleil et la sécheresse. Par temps très chaud, le feuillage des Aichryson, comme celui de nombreuses plantes méditerranéennes produit au contact de la chaleur, un nuage vaporeux, invisible, qui protège la plante des méfaits du soleil.

Les feuilles sont généralement vertes, mais peuvent prendre une teinte plus foncée, selon l’espèce et l’exposition. Par suite d’une sécheresse prolongée, les rosettes terminales peuvent se resserrer pour éviter une évaporation trop importante des tissus. Cette adaptation à la sécheresse est un moyen de défense naturel pour la survie de l’espèce, et existe chez d’autres plantes aux caractères proches. Les inflorescences sont assemblées en cymes, elles marquent la fin de vie de la plante. Les fleurs étoilées sont de couleur jaune. Elles produisent de nombreuses graines fines comme de la poussière, qui sont distribuées par le vent et l’eau.

Soins de culture

Les Aichryson sont multipliés par semis ou bouture de tige. Le semis et le bouturage sont très faciles. La culture dans un substrat bien filtrant, un mélange de bonne terre de jardin pas trop riche, du gros sable et une petite proportion de terreau bien décomposé leur convient très bien. À exposer à mi-ombre, arroser avec prudence durant les mois d’été et hiverner au sec autour de huit à dix degrés. Aérer largement les jours de beau temps.

Classification

Aichryson bethencourtianum (Bolle)
Aichryson bollei (Webb ex Bolle)
Aichryson brevipetalum (Praeger)
Aichryson divaricatum (Aiton) Praeger
Aichryson dumosum (Lowe) Praeger
Aichryson gottefossei
Aichryson laxum (Haworth)
Aichryson pachycaulon (Bolle)
Aichryson palmense (Webb ex Bolle)
Aichryson parlatorei (Bolle)
Aichryson porphyrogennetos (Bolle)
Aichryson punctatum (Chr. Sm)
Aichryson tortuosum (Aiton)Webb & Berth
Aichryson villosum (Aiton) Webb & Berth

e9782759206346_i0013.jpg

Aichryson tortuosum (Aiton) Webb & Berth, © F. Bugaret.

Aloinopsis

(Schwantes)

Famille – Mésembryanthémacées

Sous-tribu – Ruschioideae

Origine – Afrique du Sud, Namaqualand, Karoo.

Habitat – Régions semi-désertiques extrêmement chaudes, où tout type de vie est confronté à une très grande dureté. Les sols sablonneux et pierreux sont riches en quartz, leur couverture végétale est maigre, surtout composée de plantes succulentes de petite taille. La luminosité est très importante et les rares précipitations sont vite absorbées par un sol surchauffé très filtrant.

e9782759206346_i0014.jpg

Aloinopsis sp. in situ, © C. Rey.

Description

Le genre Aloinopsis, instauré par l’Allemand G. Schwantes, regroupe 16 espèces de plantes succulentes vivaces, plus ou moins cespiteuses, qui poussent au ras du sol. L’origine de leur nom vient d’une certaine ressemblance avec quelques Aloès miniatures, et du grec opsis qui signifie apparence. Leurs petites feuilles charnues, de deux à trois centimètres de longueur sont rassemblées en rosettes plus ou moins compactes, disposées sur de courtes tiges. Elles sont lancéolées, ovales, parfois spatulées, accompagnées de dents molles. De couleur verte, gris vert, tirant parfois sur le brun avec le soleil, elles ont un épiderme rugueux, pourvu de nodosités ou de petites verrucosités claires, qui ressemblent à des concrétions calcaires. Enfin, d’autres ont un aspect velouté, couvertes d’une minuscule pilosité qui limite une trop grande évapotranspiration des tissus.

Les floraisons se produisent à l’approche du printemps austral et se prolongent une partie de l’hiver. Les fleurs solitaires, courtement pédonculées, de 1 à 1,5 centimètre de diamètre, apparaissent à l’intérieur de la rosette de feuilles. Les pétales nombreux et fins, sont de couleur blanche, jaune ou rose, avec parfois une ligne médiane plus foncée. Les fruits sont des capsules plates, cloisonnées de 6 à 14 loges, contenant de nombreuses graines minuscules, au long pouvoir germinatif. Durant les périodes de pluies, les capsules s’ouvrent grâce à un mécanisme ingénieux, et se referment lorsqu’elles sont sèches. Ce mécanisme naturel s’appelle « hygrocastie », il est provoqué par un système de valves et de ressorts qui se dilatent au contact de l’humidité, et se contractent une fois asséchées. Les Aloinopsis ont un système racinaire charnu et un réseau de capillaires développé en surface, adapté à récupérer la moindre trace d’humidité, et à la stocker dans les cellules aquifères.

Soins de culture

La multiplication est aisée par semis ou bouturage de tiges. En culture, utiliser un substrat perméable, plutôt minéral, de gros sable, de terre de jardin et de granite en décomposition. On peut allonger le mélange avec des débris de roches de quartz, ou de pouzzolane. Exposer à mi-ombre en arrosant modérément, et hiverner au sec, autour de cinq degrés.

Classification

Aloinopsis acuta (L. Bolus)
Aloinopsis hilmari (L. Bolus) L. Bolus
Aloinopsis jamesii (L. Bolus)
Aloinopsis lodewykii (L. Bolus)
Aloinopsis loganii (L. Bolus)
Aloinopsis luckhoffii (L. Bolus) L. Bolus
Aloinopsis malherbei (L. Bolus) L. Bolus
Aloinopsis orpenii (N.E. Brown) L. Bolus
Aloinopsis peersii (L. Bolus) L. Bolus
Aloinopsis rosulata (Kensit) Schwantes
Aloinopsis rubrolineatus (N.E. Brown) Schw.
Aloinopsis schooneesii (L. Bolus)
Aloinopsis setifera (L. Bolus) L. Bolus
Aloinopsis spathulata (Thumberg.) L. Bolus
Aloinopsis thudichumii (L. Bolus)
Aloinopsis villetii (L. Bolus) L. Bolus

e9782759206346_i0015.jpg

Aloinopsis peersii (L. Bolus) L. Bolus, © F. Bugaret.

Arequipa

(Britton & Rose)

e9782759206346_i0016.jpg

Arequipa rettigii (Quehl) Oehme, © C. Rey.

Famille – Cactacées

Sous-tribu – Échinopsidinées

Origine – Amérique du Sud, cordillère andine du Pérou, et Nord du Chili.


Habitat – Les Arequipa sont distribués dans les montagnes de la cordillère des Andes, ils se situent autour de 3 000 à 3 500 mètres d’altitude, dans les zones arides, semi-désertiques, au climat extrêmement rude, poussant dans les éboulis et les débris de roches, profitant de l’humidité des brouillards.

Description

Le genre Arequipa, découvert dans le sud du Pérou en 1922, fut décrit par les botanistes américains Britton & Rose, d’après les premiers plants collectés près de la ville d’Arequipa, auxquels ils ont donné le nom générique. Les Arequipa ont été durant des années versés dans le genre Borzicactus, d’après les dernières révisions, ils se situent maintenant dans les Oreocereus, avec lesquels ils auraient plus de liens de parenté. Ce cactus à croissance lente de 40 à 60 centimètres de hauteur et 10 centimètres de diamètre, prend tout d’abord une forme globuleuse, puis devient cylindrique en prenant de l’âge. On connaît cinq espèces qui se raréfient dans l’habitat, et sont mises en danger d’extinction. Leur port colonnaire peut être érigé ou rampant. Les tiges charnues, aux extrémités laineuses, sont marquées par 15 à 20 côtes bosselées, aux aréoles laineuses blanches, portant huit à douze aiguillons radiaux de trois à quatre centimètres, et quatre aiguillons centraux plus longs et plus robustes de quatre à cinq centimètres. Dans l’habitat, la densité des aiguillons, plus importante qu’en culture, permet à la plante de se protéger du soleil, de plus, ils sont collecteurs d’humidité et captent celle de l’atmosphère comme un buvard, permettant une vie au ralenti durant les périodes où les précipitations sont rares.

Les floraisons diurnes apparaissent durant l’été, elles sont situées dans la partie sommitale laineuse de la tige. Les fleurs rouges, longues de cinq à huit centimètres, sont pourvues d’un long tube floral couvert de poils criniformes. Leur extrémité est inclinée et leur pollinisation est assurée par les oiseaux à long bec. Le fruit globuleux ou allongé garde les restes desséchés de la fleur, de deux ou trois centimètres de diamètre, et libère ses graines dès la maturité, par une ouverture basale.

e9782759206346_i0017.jpg

Soins de culture

Les Arequipa se multiplient principalement par semis de printemps sur couche chaude à 25 degrés de température, dans un substrat sablonneux. En culture, utiliser un substrat bien filtrant, composé de bonne terre de jardin un peu argileuse, et du gros sable. On peut allonger le mélange avec de la pouzzolane ou du granite en décomposition. Exposer au soleil et arroser avec prudence. La croissance est très lente. Hiverner au sec, autour de 10 degrés.

Classification

Arequipa erectocylindrica (Rauh & Backeb)
Arequipa hempelianus (Gürke) 0ehme
Arequipa leucotricha (Philippi) Britton & Rose
Arequipa rettigii (Quehl) Oehme
Arequipa varicolor (Backeberg)

e9782759206346_i0018.jpg

Arequipa rettigii (Quehl) Oehme, © F. Bugaret.

Austrocylindropuntia clavarioides

(Pfeiffer) Backeberg

Famille – Cactacées

Sous-famille – Opuntioïdées

Origine – Amérique du Sud, hauts plateaux à la précordillère en Argentine, à la frontière avec le Chili dans les provinces de San Juan et de Mendoza. Ce cactus, connu depuis 180 ans n’a pas été retrouvé sur le site naturel et semble avoir complètement disparu. On suppose que les populations étaient déjà rares dans l’habitat, et le nombre d’exemplaires très restreints a pu disparaître à la suite du développement agricole et de l’urbanisation.


Habitat – Hauts plateaux des Andes, zones particulièrement arides, balayées par des vents violents. Sols sablonneux et graveleux, précipitations rares ne permettant pas à une végétation importante de s’installer. Seuls, quelques buissons xérophytes résistent en compagnie de quelques cactacées.

e9782759206346_i0019.jpg

Austrocylindropuntia clavarioides (Pfeiffer) © F. Bugaret.

Description

Austrocylindropuntia est un Opuntia qui pousse dans les régions australes de l’Amérique, et qui possède des tiges cylindriques. Le nom spécifique clavarioides signifie en latin « qui ressemble à une massue», allusion aux tiges courtes et tronquées de l’espèce découverte par l’Allemand Pfeiffer. Dans la nouvelle classification, le genre Austrocylindropuntia a été reclassé dans le genre Puna, instauré par le botaniste argentin Roberto Kiesling, et dont le nom évoque la végétation typique de l’Altiplano.

Ce cactus est constitué par une partie aérienne courte et étalée, d’environ 30 centimètres de hauteur et d’une énorme racine napiforme, puissante et volumineuse, qui peut être plus importante que la partie visible hors sol. Les tiges, nombreuses, reliées à la racine par une tige souterraine se terminent en pointes effilées, mais peuvent avoir le sommet tronqué ou cristé. De couleur brune ou violacée, elles mesurent un à deux centimètres de diamètre et sont fragiles. Les minuscules aréoles portent quelques aiguillons fins, de couleur blanche, appliqués contre la tige. Les floraisons se produisent durant les jours les plus chauds de l’été, sur les parties tronquées des tiges.

Les fleurs pourvues d’un long tube floral mesurent six à sept centimètres de longueur, elles ont des sépales fins de couleur rouge et des pétales jaune brun. Le fruit allongé enferme une graine. La variété Ruiz-Lealii (Castellanos) Backeberg, au port identique a une couleur verte. Elle pousse à 3 000 mètres d’altitude, près de Mendoza, à la frontière de l’Argentine et du Chili.

Austrocylindropuntia clavarioides est plus connue sous le nom familier de « main de nègre», à cause de ses ramifications digitées et sa couleur foncée.

Soins de culture

La multiplication des Austrocylindropuntia se fait par semis, mais beaucoup plus couramment par bouture de tige, ou greffage sur Tephrocactus ou mieux encore, sur Opuntia subulata. Sur ses propres racines, cultiver les Austrocylindropuntia clavarioides dans un substrat filtrant, composé d’une bonne terre de jardin un peu argileuse, terreau de feuilles et de gros sable, allongé de granite en décomposition et de pouzzolane. Éviter le soleil direct, arroser avec prudence, et hiverner hors gel en cessant les arrosages.

e9782759206346_i0020.jpg

Austrocylindropuntia clavaroides (Pfeiffer), © F. Bugaret, coll. V. Cerruti.

Bartschella schumannii

(Hildmann) Britton & Rose

e9782759206346_i0021.jpg

Bartschella schumannii (Hidmann) Britton & Rose, © F. Bugaret.

Famille – Cactacées

Sous-tribu – Échinocactinées

Origine – Amérique du Nord, Sud de la péninsule de la Basse Californie, autour de San José d’El Cabo, et Cabo San Lucas.


Habitat – Zones montagneuses rocheuses, du niveau de la mer à plus de 400 mètres d’altitude, en association avec Fouquiera Diguetii et de nombreuses cactacées. Climat chaud et sec.

Description

Le genre Bartschella, instauré par l’Allemand H. Hildmann a été dédié au docteur Paul Bartsch, conservateur du Muséum national des États-Unis. Son nom spécifique honore la mémoire de l’Allemand Karl Schumann, conservateur du jardin botanique de Berlin. Ce genre monospécifique est actuellement reversé dans le genre Mammillaria, avec lequel il semble proche, et classé dans la section Hydrochylus, la série n° 2 Ancistracanthae et le groupe Schumannii.

Ce petit cactus globuleux, possède des tiges de cinq à sept centimètres de longueur, gris verdâtre qui peuvent s’allonger avec l’âge. Leur structure composée de petits mamelons tuberculés, coniques et arrondis, rappelle celle du genre Mammillaria. Durant la période de croissance, ils sont turgescents et laissent passer la lumière dans les axiles. Lorsque l’activité se ralentit, la plante se met en repos, la structure se rétracte par manque d’eau et les mamelons se resserrent pour éviter les pertes dues à l’évapotranspiration. Ces mamelons sont pourvus d’une aréole laineuse qui disparaît avec l’âge, et une douzaine d’aiguillons radiaux blancs à pointe brune, d’un centimètre de longueur, dont un central à pointe recourbée en forme d’hameçon.

Les floraisons superbes, se produisent durant les journées chaudes de l’été. Les fleurs campanulées, de trois à quatre centimètres de diamètre sont rose vif, largement ouvertes. Elles apparaissent entre les mamelons, dans la partie sommitale de la tige, près de l’apex. Le fruit est une baie de couleur rouge à orange qui enferme de nombreuses graines noires d’un millimètre de longueur. Le système racinaire, tubéreux et charnu, est adapté pour accumuler des réserves dans ses tissus et permet une solide fixation au sol.

Soins de culture

Les Bartschella sont multipliés par semis de printemps à une température de 25 degrés, dans un mélange humifère sablonneux. Le bouturage peut être réalisé après un séchage des plaies de coupe, durant plusieurs jours.

En culture, utiliser un substrat filtrant composé de bonne terre de jardin, de terreau de feuilles et de gros sable à parts égales, auquel on peut rajouter une portion de pouzzolane ou de granite en décomposition. Exposer au soleil et arroser avec prudence, car les racines sont sensibles à l’humidité. Hiverner au sec, autour de 10 degrés.

e9782759206346_i0022.jpg

Bartschella schumannii (Hidmann) Britton & Rose, © F. Bugaret, coll. J.-C. Caudrillier.

Bombax ellipticum

(Humboldt, Bonpland, Kunth)

Famille – Bombacacées
Origine – Nord du Mexique, Nogales


HabitatBombax ellipticum pousse sur des sols calcaires secs et pierreux, depuis le niveau de la mer jusqu’à environ 2 000 mètres d’altitude, dans les régions montagneuses et les parois rocheuses encaissées, situées en plein soleil.

Description

Le nom générique du Bombax fait référence au tronc massif et bombé du genre. Son nom spécifique fait allusion à la forme des feuilles en ellipse. Le tronc, plus ou moins tourmenté, possède un caudex basal très important, qui se rétrécit dans la partie aérienne. Cet organe, composé de fibres spongieuses, a pour fonction, d’accumuler des réserves durant les pluies, afin de pouvoir passer les longues périodes de sécheresse. Son écorce, de couleur blanc grisâtre est dure, elle s’éclate par endroits au cours de la croissance, en laissant apparaître par des crevasses, quelques zones chlorophylliennes vertes qui permettent l’élaboration de la photosynthèse durant la période de repos. De croissance lente, le tronc principal produit peu de rami-fications, et ses quelques tiges sont marquées par les empreintes des anciennes feuilles. Les grandes feuilles caduques sont composées, palmées, à trois ou cinq folioles allongées en forme d’ellipse. La floraison se produit avant l’apparition des feuilles. Les fleurs très décoratives de plus de 20 centimètres de longueur ont cinq pétales soudés qui se séparent rapidement en se retournant en arrière. Les grandes étamines de plus de dix centimètres de longueur sont nombreuses, réunies en une touffe soyeuse de couleur rose. Le fruit capsulaire contient quelques graines dures et un kapok fibreux imperméable à l’eau. Le Bombax ellipticum possède un bois très tendre, et sa période de croissance se situe entre le mois de mai et le mois de novembre. Durant sa période de repos, qui correspond avec les périodes sèches, il se dépouille de son feuillage et vit au ralenti en attendant les prochaines pluies.

e9782759206346_i0023.jpg

Bombax ellipticum (HBK), © F. Bugaret.

Soins de culture

Le Bombax ellipticum est facilement multiplié per semis de printemps à 25 degrés de température, dans un substrat humifère sablonneux. Il est préférable de le semer dans des petits godets individuels pour éviter le stress du repiquage. Le caudex se forme la première année. Cultiver dans des grands récipients, utiliser un substrat grossier de terre de jardin, de terreau de feuilles et de gros sable, en proportions égales, que l’on peut allonger de pouzzolane. Exposer à mi-ombre en arrosant normalement durant l’été. Hiverner au sec, autour de 15 degrés.

e9782759206346_i0024.jpg

Bombax ellipticum (HBK), © F. Bugaret.

Boswellia sacra

(William Roxburgh)

e9782759206346_i0025.jpg

Boswellia sacra, fructification (Dhofar), © C. Mérille.

Famille – Burseracées

Tribu – Bursereae

Origine – Arabie, Sultanat d’Oman, île de Socotra, Yémen


Habitat – Plateaux arides, semi-désertiques du Dhofar, autour de 600 mètres d’altitude, sur des sols vallonnés et des collines de calcaire usées. Régions extrêmement chaudes, où la température peut atteindre 60 à 70 degrés en été. Rares précipitations en période de mousson. Plantes associées : Euphorbes, Dracaena, Caralluma, Calotropis, Adenium et de nombreux arbustes xérophytes.

Description

Le genre Boswellia, instauré par le botaniste écossais William Roxburgh, a été dédié à un autre botaniste James Boswell. Il rassemble une vingtaine d’espèces arbustives à caractère plus xérophyte que succulent. Boswellia sacra est un arbuste pourvu d’un système racinaire très puissant, capable de pénétrer profondément dans les couches du sol, afin de récupérer toute trace d’humidité. Son tronc, large de 30 à 40 centimètres est court, ramifié depuis la base, il atteint trois à quatre mètres de hauteur. Sa silhouette est tortueuse et tourmentée, sa croissance est lente, ralentie par les longues périodes de sécheresse, elle est rythmée par les périodes de pluie. Son écorce papyracée se détache en plaques importantes, et dans ses tissus circule une résine gommeuse très odorante. Le feuillage vert brillant, devient caduc en période de sécheresse, les feuilles composées, imparipennées, sont réunies au sommet des jeunes rameaux. Durant la période de végétation, elles apporteraient leur contribution à l’arbre par leur capacité à absorber l’humidité de l’air. Les floraisons surviennent dès les premières pluies, les fleurs dioïques sont petites, de couleur blanche, réunies en grappes. Les fruits sont des drupes trigones, collantes, à trois noyaux.

e9782759206346_i0026.jpg

Boswellia sacra, plante en repos dépourvue de feuilles (Dhofar), © C. Mérille.

Boswellia est surtout connu comme l’arbre à encens. Il porte parfois le nom familier de « Oliban », qui signifie «lait», « blanc », allusion aux larmes de résine blanche qui exsudent naturellement de l’arbre. Il y a 5 000 ans, la résine de cette plante mythique figurait parmi les cadeaux les plus précieux et les plus rares. Un commerce très florissant était organisé par la route des épices, du Moyen-Orient acheminant l’encens prélevé par incision sur l’écorce des arbres. Aujourd’hui, la résine est toujours utilisée dans l’industrie des parfums, posée sur des braises, elle se consume lentement, et sa fumée parfume les tissus et les habitations.

e9782759206346_i0027.jpg

Boswellia sacra, tronc avec
écoulement de résine (Dhofar),
© C. Mérille.

e9782759206346_i0028.jpg

Boswellia sacra (William Roxburgh) Dhofar, © C. Mérille.

Soins de culture

La multiplication des Boswellia se fait par semis et bouturage des jeunes rameaux, ou bouturage des racines, à l’étouffée. La reproduction est difficile. Cultiver dans un substrat minéral très filtrant. Exposer au soleil ou à mi-ombre en arrosant normalement durant la période de végétation. Hiverner au sec après la chute des feuilles, avec une température minimum de 12 degrés.

Classification des espèces

Boswellia ameero (Roxburgh)
Boswellia carteri (Birdw)
Boswellia dalzielii (Hutch)
Boswellia elongata (Linné)
Boswellia frereana (Birdw)
Boswellia hildebrandtii (Engl)
Boswellia madagascariensis (Capuron)
Boswellia nana (H.)
Boswellia odorata (Hutch)
Boswellia papyrifera (Del.ex Caill) Hochst.
Boswellia popovian (H.)
Boswellia sacra (Roxburgh)
Boswellia serrata (Roxburgh)
Boswellia socotrana (Roxburgh)

e9782759206346_i0029.jpg

Boswellia sacra, détail des fleurs (Dhofar), © C. Mérille.

Brachystelma

(Robert Brown)

Famille – Asclepiadacées

Sous-tribu – Céropégiées

Origine – Nombreuses régions tropicales et subtropicales d’Afrique du Sud et d’Afrique de l’Est, Inde, Sri Lanka, Nouvelle Guinée, Malaisie, Australie.


Habitat – Plaines et grandes étendues herbeuses, bordures de forêts, plateaux montagneux, sur des sables et des sols rocailleux, à l’abri d’un rocher ou d’un buisson, associé à une flore xérophylle et succulente.

Description

Le genre Brachystelma instauré en 1822 par Robert Brown, doit son nom générique à l’aspect de la couronne qui caractérise les organes reproducteurs. Il vient du grec brachy qui veut dire « court » et de stelma qui se traduit par « couronne ». Séparé du genre Ceropegia, dont il est très proche, il rassemble plus de 50 espèces plus ou moins géophytes, dont la partie principale vit enterrée, en repos une partie de l’année. Cet organe caudiciforme souterrain, aux formes irrégulières, est un élément de stockage important qui accumule des réserves durant l’activité de la plante, pour lui permettre de survivre durant sa période de repos. Les tiges prennent naissance dans la partie centrale du caudex, elles sont fines et souples, et finissent par se coucher sur le sol. Les feuilles opposées le long de la tige sont allongées, lancéolées (B. circinatum) ou larges et longues de huit à dix centimètres comme chez B. cianthum ou B. barberae, couvertes sur les bordures et la face inférieure, d’une fine pilosité. En période de repos, feuilles et tiges jaunissent et finissent par tomber afin d’éviter l’épuisement de la plante.

La floraison est spectaculaire, elle se produit au démarrage de la végétation, et sur certaines espèces, souvent avant l’apparition du feuillage. Typique de cette famille, la fleur possède cinq pétales épais et gras, en forme d’étoile de mer. Chez certaines espèces, les floraisons sont simples, chez d’autres, plus attractives, l’inflorescence en ombelle réunit plusieurs fleurs aux pétales courts, triangulaires, dont les pointes se prolongent en de longs filaments qui se rejoignent et restent soudés par leur sommet, donnant à l’ensemble une structure en forme de cage. Les couleurs se rapprochent de celles des stapéliées, dans les teintes pourpres, parfois zébrées ou tachetées de couleurs plus claires. Les fleurs dégagent une odeur fétide, attirant ainsi les mouches à viande qui vont servir d’agent pollinisateur. Le fruit est formé par deux follicules, longues gousses fusiformes qui s’ouvrent dès leur maturité, en laissant échapper de nombreuses graines anémophiles plates.

Soins de culture

Les Brachystelma sont multipliés par semis de printemps sur couche chaude. Les boutures de tige ne restituant pas la racine caudiciforme. En culture, leur donner un substrat plutôt minéral, de granite en décomposition, de gros sable et d’une faible partie de terreau de feuilles. Maintenir la moitié du caudex hors du sol et isoler de l’humidité en plaçant un collier de gravillons de quartz. Arroser avec modération. Exposer à mi-ombre et hiverner au sec au-dessus de huit degrés.

Classification de quelques espèces

Brachystelma alpinum (R.A. Dyer)
Brachystelma barberae (Harvey & HooKer)
Brachystelma blepharanthera (H. Huber)
Brachystelma brevipedicellatum (Turril)
Brachystelma bruceae (R. A. Dyer)
Brachystelma caffrum (Schlechter) N. E. Brown
Brachystelma coddii (R. A. Dyer)
Brachystelma caudatum (Thumb) N. E. Brown
Brachystelma cupulatum (R. A. Dyer)
Brachystelma discoideum (R. A. Dyer)
Brachystelma duplicatum (R. A. Dyer)
Brachystelma foetidum (Schlechter)
Brachystelma micranthum (E. Mey)
Brachystelma modestum (R. A. Dyer)
Brachystelma montanum (R. A. Dyer)
Brachystelma oianthum (Schlechter)
Brachystelma perditum (R. A. Dyer)
Brachystelma pygmaeum (Schlechter) N. E. Brown

e9782759206346_i0030.jpg

Brachystelma barberae (Harvey & Hooker) © F. Bugaret.

Brighami a insignis

(Asa Gray)

Famille – Campanulacées
Origine – Îles d’Hawaï


Habitat – Falaises abruptes et versants volcaniques souvent inaccessibles, orientés au nord dans les zones chaudes et humides, entre 150 et 250 mètres d’altitude. Seulement quelques dizaines de pieds subsistent dans la nature.

Description

Ce genre monospécifique, endémique de l’île, a été instauré par l’américain Asa Gray (1810-1888). Décrit par le français Jules Rémy vers 1850, il a été dédié à M. Brigham. Son nom spécifique, tiré du latin insignis, remarquable, qualifie la beauté de l’espèce. Du fait de la disparition du papillon à longue trompe qui le pollinisait, le Brighamia s’est raréfié dans son habitat où il ne reste que quelques pieds. Il se présente sous la forme d’une plante pachycaule de 1,50 mètre de hauteur, au tronc succulent, à la base élargie, avec un épiderme grisâtre portant les cicatrices foliaires des anciennes feuilles. La structure interne, composée de fibres spongieuses, sert de stockage en accumulant dans son parenchyme les éléments nécessaires pour une vie au ralenti en période de sécheresse. Le feuillage se développe en rosette au sommet du tronc, les feuilles charnues entières peuvent mesurer jusqu’à 20 centimètres de longueur pour 10 centimètres de largeur, elles sont lisses et brillantes, d’un beau vert frais. Leur croissance se fait principalement au printemps et en automne, durant les saisons fraîches, alors que l’été, la plante se met en sommeil. Les fleurs campanulées apparaissent en automne, près du sommet, entre les feuilles. Elles possèdent un tube étroit de sept à huit centimètres et sont regroupées à plusieurs sur une longue tige. Elles sont jaune pâle, pourvues d’un long stigmate proéminent qui dépasse les pétales et n’apparaît pas forcément en même temps que le pollen. Dans la nature, la fécondation croisée était effectuée par l’insecte qui portait le pollen d’une fleur sur le stigmate d’une autre, en culture, elle est réalisée au pinceau. Le fruit est une capsule ovoïde verte, dont les parois s’ouvrent progressivement pour laisser échapper dès leur maturité, des petites graines blanches. L’ensemble de la plante contient dans ses tissus une sève laiteuse blanche qui s’écoule lorsqu’il y a une blessure. Sauvé de l’extinction dans le but d’une réintroduction dans la nature, le Brighamia fait aujourd’hui l’objet de cultures industrielles.

e9782759206346_i0031.jpg

Brighamia insignis (Asa Gray), © F. Bugaret.

e9782759206346_i0032.jpg

Brighamia insignis détail du fruit,
© F. Bugaret.

Culture

La multiplication du Brighamia se fait facilement par semis de printemps sur couche chaude, dans un milieu humifère sablonneux tenu humide. Repiquer au stade de deux ou trois feuilles et passer en pot lorsque le caudex se forme.

Sa croissance est rapide. Cultiver dans un substrat composé de terreau de feuilles, terre de jardin et gros sable, en proportions égales, et arroser normalement durant la période de végétation. Exposer à mi-ombre et diminuer les arrosages en hiver, en maintenant la température autour de 15 degrés. Son principal ennemi : l’araignée rouge.

e9782759206346_i0033.jpg

Brighamia insignis, détail de la fleur, © F. Bugaret.

Bulbine

(Linné)

Famille – Asphodelaceae (anciennement Liliacées)

Origine – Afrique du Sud, Namaqualand, Petit Karoo, Namibie, Afrique de l’Est, Somalie, Australie.


Habitat – Zones semi-désertiques des grands territoires sud-africains riches en quartz. Climats soumis à de longues périodes de sécheresse.

e9782759206346_i0034.jpg

Bulbine frutescens (Willd), © F. Bugaret.

Description

Le nom générique du genre, instauré par le naturaliste suédois Linné, vient du latin bulbus ; il fait allusion à la partie racinaire de la plante, plus ou moins bulbeuse selon les espèces. On regroupe une cinquantaine d’espèces provenant pour la majeure partie des territoires africains. Seules, cinq espèces dont deux annuelles, sont originaires d’Australie.

La...