Votre imagination et vos croyances, plus quelques mots sur l’origine de ces dernières
(Une pause à 21h12.) Quatrième chapitre : « Votre imagination et vos croyances, plus quelques mots sur l’origine de ces dernières ».
Dans la vie physique, l’esprit conscient dépend largement du fonctionnement du cerveau. Que vous soyez ou non dans la chair, vous avez un esprit conscient, mais quand vous êtes orienté sur le monde physique, il est connecté au cerveau physique.
C’est en partie le cerveau qui maintient l’esprit dans sa focalisation sur la réalité en trois dimensions. Il vous oriente vers l’environnement dans lequel vous devez fonctionner et c’est l’allégeance de l’esprit au cerveau temporel qui fait que vous percevez, par exemple, le temps comme une série de moments.
Le cerveau canalise vers votre structure physique l’information qui est reçue par l’esprit, si bien que votre expérience passe par un filtre physique et est automatiquement traduite en termes compréhensibles par l’organisme. (Seth-Jane scande ces paroles en donnant de légers coups sur la table qui nous sépare.) De ce fait, en termes physiques et dans la vie telle que vous la concevez, l’esprit dépend en grande partie de la croissance et de l’activité du cerveau. Certaines informations nécessaires à la survie physique doivent être apprises et sont transmises de parent à enfant. Vous naissez avec certains postulats de base, mais comme les conditions particulières de votre environnement peuvent être extrêmement variées, ces postulats doivent être renforcés. Il est donc nécessaire que l’enfant reçoive les croyances de ses parents.
Ces dernières consolident le groupe familial à un moment où le jeune enfant a besoin d’une protection maximale. Le fait d’accepter des croyances joue donc un rôle capital dans son développement. Ce partage d’idées ne fait d’ailleurs pas que protéger la progéniture des dangers qui sont évidents pour les parents ; il fournit aussi un cadre pour la croissance de l’enfant.
(21h27.) Un périmètre de sécurité est ainsi mis en place jusqu’au moment où l’esprit conscient commence à pouvoir raisonner par lui-même et à former ses propres jugements de valeur. J’aborderai plus tard des aspects plus vastes de l’origine des idées mais, pour l’instant, nous allons simplement considérer cette vie-ci, celle que vous connaissez.
Vous recevez donc les croyances de vos parents concernant la nature de la réalité. Elles vous sont transmises par l’exemple et par la communication verbale, ainsi que par un renforcement télépathique constant. Vous recevez des idées sur le monde en général et sur votre relation avec lui ; ce sont aussi vos parents qui vous transmettent le concept de ce que vous êtes. Vous absorbez leurs notions concernant votre propre réalité.
En dessous de tout cela, vous portez en vous la connaissance indélébile de votre identité et de votre propre signification, de vos buts ; mais dans les premiers stades de développement, l’attention se concentre largement sur la nécessité d’une relation physique. Vous recevez de vos parents des croyances directionnelles ; celles-ci vous orientent d’une manière qui leur semble adéquate pour assurer votre sécurité. Protégé par ces croyances, l’enfant peut satisfaire sa propre curiosité, développer ses facultés et mettre toute son énergie dans des zones d’activité clairement délimitées.
(21h35.) Ce phénomène d’acceptation des croyances est donc très important, en particulier au début de la vie. Mais il n’y a aucune raison pour qu’un individu demeure limité par l’expérience ou les croyances qui sont propres à l’enfance. Or, leur nature est telle que, si certaines sont faciles à reconnaître comme absurdes ou dangereuses, d’autres, qui en découlent, sont difficiles à identifier.
Il peut, par exemple, vous sembler bête d’avoir cru au péché originel. Pourtant, vous ne voyez pas forcément que nombre de vos actions présentes sont basées sur l’idée de faute. Nous aurons beaucoup à dire sur la façon dont vos convictions sont liées les unes aux autres, du simple fait que vous n’avez pas l’habitude de les examiner.
Peut-être pensez-vous : « Je suis gros parce que je me sens coupable de quelque chose que j’ai fait dans le passé. » Vous essayez peut-être alors de trouver de quel évènement il s’agit ; mais dans un cas comme celui-ci, c’est la croyance en la culpabilité elle-même qui est le problème.
Vous n’avez pas à porter cette croyance. Je me rends bien compte que des pans entiers de votre civilisation sont construits sur l’idée de faute et de châtiment. Vous êtes nombreux à croire qu’en l’absence d’un sentiment de culpabilité il n’y aurait aucune autodiscipline et que le monde deviendrait fou. Il est assez fou à l’heure actuelle – non pas en dépit de vos notions de faute et de châtiment, mais largement à cause d’elles. Mais nous reviendrons là-dessus dans ce livre.
Les idées qui vous sont données par vos parents au début de la vie structurent donc les expériences par lesquelles vous faites votre apprentissage. Elles indiquent les limites à l’intérieur desquelles vous pouvez fonctionner en sécurité pendant vos premières années. Sans même que vous le sachiez consciemment – car votre esprit, qui est connecté à votre cerveau, n’est pas encore très développé –, votre imagination est consignée à certains chemins.
(21h46.) Dans une large mesure (mais pas entièrement), votre imagination suit vos idées – comme le font vos émotions. Il existe certains schémas généraux. Un enfant pleure quand il a mal. Il arrête de pleurer quand il n’a plus mal, et l’émotion derrière les pleurs se transforme automatiquement en autre chose. Mais si l’enfant découvre que continuer à pleurer après l’incident lui vaut davantage d’attention et d’égards, il fait durer cette émotion.
Dès le début, l’enfant compare automatiquement son interprétation de la réalité à celle de ses parents. Comme ses parents sont grands et forts et qu’ils satisfont une grande partie de ses besoins, il fait de son mieux pour que son expérience s’accorde à leurs attentes et à leurs croyances. Il est en général tout à fait naturel qu’un enfant pleure ou ne se sente pas bien lorsqu’il s’est fait mal, mais la croyance que nous venons de voir peut exagérer cette tendance jusqu’à ce que des sentiments prolongés de désolation deviennent un schéma de comportement.
Ce qui se trouve derrière, c’est la croyance qu’avoir mal est une catastrophe en soi. Ce type de croyance peut, par exemple,...