Journal de Nickolah Dothiriel ; 56 solard 1782
J usqu'à présent, je n'avais rien à apporter aux notes de mon père, Filhip Dothiriel, le célèbre Fléau des Dix Océans. Mais aujourd'hui, je reprends réellement sa quête là où il s'était arrêté. Nous avons repris la mer avant-hier, après une escale de cinq jours sur l'île de Kanah. Nous nous y sommes attardés plus longtemps que prévu après que Charpente ait mis à jour une fragilité dans la coque de la Dalvénia, séquelle vraisemblable de la bataille contre le navire de Vilhelm Wan Kooner. Sans l'œil exercé de notre charpentier, nous aurions pu connaître une très sérieuse avarie durant le trajet à venir.
Les marins et pêcheurs de Kanah nous ont livré beaucoup de nouvelles informations concernant celui-ci. Grâce à eux, j'ai pu actualiser les cartes de mon père, ainsi que mes propres suppositions sur les localisations de récifs. Il a fallu adapter quelque peu l'itinéraire que j'avais planifié initialement. Le seul réel désagrément qui en résulte est notre passage dans deux régions de l'Océan d'Ocremer quelques peu dangereuses. La première est une zone de forts courants, qui pourraient s'avérer délicate à négocier. Timonier m'a assuré que la configuration des flux ne devrait pas être problématique. Il a déjà parcouru ces eaux avec mon père, et se rappelle assez bien de la façon de l'aborder pour minimiser les risques.
Le second secteur m'inquiète plus. Il se situe à proximité directe du périmètre dans lequel tant de navires ont disparu. J'ai choisi, en accord avec Hauturier, mon second, de le contourner...